
Les radioamateurs adeptes du trafic par satellite connaissent tous Gpredict, l’application de poursuite et de prédiction de passages développée par Alexandru Csete (OZ9AEC). Devenu une référence sur le bureau Linux depuis plus de quinze ans, ce logiciel libre s’appuie sur les algorithmes de propagation SGP4/SDP4 et les éléments orbitaux NORAD (TLE) pour suivre un nombre illimité de satellites et piloter récepteurs et rotors via Hamlib. Un nouveau projet vient aujourd’hui proposer une réécriture complète de cet outil : Gpredict-Improved, publié par Sadatoshi Koike (JF9SOM).
Le projet ne se contente pas de corriger ou d’étendre le code historique : il s’agit d’une réécriture de fond, bâtie sur une pile logicielle Python moderne (Python 3.11+, moteur orbital Skyfield, interface PySide6/Qt6). Le logiciel reste publié sous licence GPL-2.0-or-later, donc compatible avec le Gpredict original, et rend hommage aux briques sur lesquelles il s’appuie : Gpredict, Skyfield, Hamlib et la base de données SATNOGS de la Libre Space Foundation.
Dans son annonce, l’auteur explique sa démarche : Gpredict est resté longtemps le standard de fait, mais de nombreuses fonctionnalités pouvaient lui être ajoutées. Il observe par ailleurs que les logiciels récents intégrant la radio logicielle (SDR) n’offrent généralement pas de contrôle satisfaisant des émetteurs-récepteurs et des rotors. Son objectif est donc de combiner le meilleur des deux mondes : des fonctions Hamlib intégrées, à la manière de WSJT-X, doublées d’une intégration SDR.
Plusieurs évolutions distinguent Gpredict-Improved de son aîné. La plus visible est l’accès depuis un navigateur : un serveur FastAPI (port 8080) démarre en arrière-plan, ce qui permet de consulter la poursuite depuis un téléphone ou une tablette connectés au même réseau local,. La nouvelle version vise Linux, Windows, macOS et Raspberry Pi.
Côté radio, Hamlib est désormais intégré : on sélectionne directement son poste dans l’interface graphique, sans avoir à lancer séparément un démon rigctld. La correction Doppler est également plus complète, puisqu’elle ajuste non seulement la fréquence mais aussi le mode et la tonalité CTCSS de façon automatique.
La gestion des fréquences satellites se fait depuis l’interface (synchronisation SATNOGS avec ajout et édition manuels), et la mise à jour des TLE devient automatique (attention reste encore au format TLE qui devient obsolète), multi sources, avec un système de notation de la qualité des données. Le projet annonce aussi le support des SDR de type HackRF et RTL-SDR, ainsi qu’une internationalisation gérée par gettext, déjà disponible en anglais et japonais — un point ouvrant la voie à une traduction française.
À l’heure où ces lignes sont écrites, l’essentiel de l’information provient de sources primaires : le dépôt GitHub officiel (documentation, architecture, feuille de route) et l’annonce de l’auteur, relayée dans les communautés radioamateurs,
